28 juillet 2006
Une approche, peut-être
La vie. Elle est si loin, elle est si proche. Elle est en nous comme la figure dans la pierre de taille. il faut les coups du sculpteur pour l'extraire. Il faut la brutalité radieuse d'un amour ou d'une petite mort, assoupie quelque part dans les plis du sang. La beauté suspendue dans le grain de l'air heurte un jour la beauté qui rêve au-dedans de nous, et c'en est fini, et tout commence : plus rien ne nous sépare de rien. tout est comme au premier matin du monde : donné. Répandu dans les nerfs comme dans les blés. Relevant de la seule appartenance à la terre douce et ombrageuse. Oui, l'âme, s'il y a quelque matière de la sorte, est ce remords du sculpteur, cette rognure du marbre que les ciseaux font jaillir dans le ciel, afin qu'un visage advienne, afin que les pierres parlent, marchent, en appellent à la clémence des hivers.
L'homme du désastre, Ch. Bobin
26 juillet 2006
Le jour désaxé
A l'envers, à l'endroit, à l'envers, à l'endroit
Autour des amandiers fleurissent les mondes en sourdine.
No pasaran, sous les fourches caudines...
Il faudra encore des avancées profondes. Je réapprivoise le reste, en attendant.
Persistent les mémoires de la craie sur le goudron. Si présentes.
Sourires passants, aux intersections.
18 juillet 2006
Expansion d'un vacarme.
L'amertume du temps a entâché les murs.
Ici, la floraison du silence a pris possession des gestes jusqu'à épuisement. Et alors même qu'une immobilité assassine creuse les sillons des soleils noirs, un ailleurs s'étire déjà au loin.
Reste l'attente d'une implosion.






